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Les hormones de la ménopause en ligne de mire

Ménopause


Pendant des années, la thérapie hormonale en phase de ménopause a été utilisée comme remède contre les troubles, comme mesure préventive contre la dégénérescence osseuse et l'accident vasculaire cérébral, ainsi que comme fontaine de jouvence pour le corps et l'esprit. Après qu’aux Etats-Unis une large étude menée par la «Women's Health Initiative» sur l’emploi des THS chez les femmes ménopausées a dû être précocement interrompue pour cause d’effets secondaires détectés, l’inquiétude grandit chez des millions de patientes, les médecins à leur tour tendent à déconseiller les THS.


Depuis plus de deux décennies, nombre de gynécologues prescrivent des hormones pendant et après la ménopause. Non seulement en cas de troubles liés à la ménopause, mais également à titre préventif. Les patchs et pilules à base d’hormones sont censés éliminer les douleurs gênantes, et également prévenir des maladies comme l’infarctus ou l'ostéoporose, et allonger la durée de vie (et maintenir un joli teint). Des millions de femmes avalent des hormones de synthèse pendant et après la ménopause. La majorité d’entre elles pendant cinq ans, mais souvent bien plus.

Les groupes pharmaceutiques font de la publicité   

Outre le fait indéniable que les traitements hormonaux normalisent les irrégularités du cycle, font disparaître les bouffées de chaleur, réduisent l’insomnie, la nervosité et les sautes d’humeur, les fabricants concernés affirment également: «votre peau sera plus belle et plus lisse, vous vous sentirez mieux. Vos pulsions sexuelles vont s’éveiller à nouveau. Vous remarquerez immédiatement toutes ces améliorations. Vous contribuez à long terme à votre stabilité osseuse, vous réduisez le risque d’ostéoporose et de fractures qui en découle. Forte de ce sentiment de quiétude, vous pourrez savourer sans souci et sans douleur votre nouvelle tranche de vie». De telles promesses n’ont pas manqué d’impressionner de nombreuses femmes (y compris leurs médecins femmes).

La ménopause n’est pas une maladie   

Les slogans percutants comme «vieillir n’est pas une maladie» ou «la ménopause ne rend pas malade» proviennent essentiellement de jeunes gens, ou de personnes d’un certain âge en excellente santé. Les autres ne vont pas nier que la vieillesse s’accompagne souvent de toutes sortes de maux et de tracas; et chez les femmes autour de la cinquantaine, ce n’est pas non plus toujours tout rose. Deux tiers des femmes environ éprouvent des douleurs pendant la ménopause. Entre 15 et 20 % décrivent les symptômes tels que bouffées de chaleur, suées excessives, troubles du rythme cardiaque, sautes d’humeur et insomnie comme insupportables – elles ne se sentent peut-être pas malades, mais en tout cas pas en bonne santé. Précisément ces femmes étaient évidemment des clientes reconnaissantes de la thérapie hormonale de substitution, car l’effet des tisanes, des remèdes à base de soja ou autres se révélait souvent insuffisant. L’action fiable des hormones en cas de douleurs intenses représentait une solution pratiquement irrésistible, avec les «bonnes» répercussions promises comme la prévention de la dégénérescence osseuse et des maladies cardiovasculaires, l’absence de modification de la pilosité, les effets positifs sur les muqueuses, les voies vaginales et urinaires, le plancher pelvien. Les inquiétudes sur les risques déjà bien connus (tendance accrue aux thromboses, aux embolies et aux épaisseurs mammaires susceptibles de compliquer le diagnostic lors de mammographies, risque de cancer du sein légèrement élevé) avaient alors rapidement reculé.

Traitement hormonal de substitution   

Des œstrogènes et des gestagènes sont administrés en même temps, en effet, il est connu de longue date qu’un traitement à base d’œstrogènes uniquement suffit certes à traiter efficacement les troubles liés à la ménopause, mais conduit à long terme à un épaississement incontrôlable de l'endomètre, et donc à un risque de cancer.

Interruption   

En 2002, aux États-Unis, les autorités de santé ont partiellement interrompu au bout de cinq ans la plus grosse étude menée jusqu’alors sur l’utilité et les risques des traitements hormonaux en prévention des maladies cardiovasculaires, étude qui portait sur 16 608 participantes entre 50 et 79 ans. En effet, dans le groupe des femmes ayant absorbé des remèdes associant œstrogènes et gestagènes, de nombreux cas d’infarctus, d’embolie pulmonaire, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de cancer du sein sont survenus. Le risque thromboembolique ou cardiaque croît immédiatement après le début du traitement, le risque d’AVC dans la deuxième année. Le risque de cancer du sein augmente dans la quatrième année de traitement, avec une tendance à la hausse lorsque la durée du traitement s’allonge.

Controverses dans le milieu médical   

Une minorité de médecins juge scandaleux que les hormones de la ménopause aient été prescrites pendant autant d’années sans données scientifiques fiables. D’autres critiquent l’enquête américaine (l’âge moyen des femmes serait bien trop élevé) ou relativisent le résultat en affirmant que chez nous, de tout autres médicaments ont été prescrits, c’est-à-dire d’autres combinaisons de substances. En Allemagne, il n’existe à ce jour aucune étude justifiant la prise durable d’hormones et son intérêt préventif. Parallèlement, par le passé, l’utilité préventive a été constamment brandie en prenant appui sur les résultats de l’étude américaine.


Le centre de la santé des femmes de Berlin, défendeur du féminisme, résume: «le scandale est le suivant: les hormones ont été prescrites à grande échelle, et continuent à l’être, sans qu’aucune preuve scientifique solide à travers des études sur l'efficacité et l’innocuité d’une utilisation à long terme n’existe, au-delà du traitement de troubles comme les bouffées de chaleur. Cette situation inadmissible semble se poursuivre en Allemagne. Même maintenant que le caractère nocif du THS est prouvé, de nombreux gynécologues ne sont pas prêts à accepter ces données scientifiques. L’interruption spectaculaire de l’étude de la WHI ne semble pas avoir déclenché de changement dans les prescriptions des gynécologues allemands. Les résultats de la WHI sont dédramatisés, relativisés, entre autres avec l’argument que les médicaments utilisés dans l’étude sont peu courants en Allemagne. Il n’y a cependant aucune raison de penser que les médicaments utilisés ici [en Allemagne] sont plus efficaces ou mieux tolérés».


Toutefois, de nombreuses femmes médecins sont devenues sceptiques et pensent que s’il faut traiter par des hormones les symptômes physiques de la ménopause, il faut le faire à faible dose, et seulement pendant quelques semaines ou quelques mois, et en tout cas pas plus de trois années. Les femmes qui se plaignent de perte de concentration, d’apathie, de mauvaise humeur et de manque d’entrain devraient lutter contre ces symptômes – qui souvent ne dépendent pas du taux d’hormones – d’une autre manière.

Agir de son propre chef et arrêter soudainement?   

Les femmes qui n’ont plus de règles sous traitement hormonal peuvent réduire la posologie sans problème – contrairement par exemple aux hormones de la thyroïde, pour lesquelles aucune modification ne doit intervenir d’une initiative individuelle. Idéalement, il faut essayer de réduire progressivement le médicament, en divisant la posologie par deux, puis en le prenant un jour sur deux, avant de l’arrêter complètement.

Il existe des alternatives en cas d’ostéoporose   

Celles qui prennent des hormones en prévention de l’ostéoporose doivent absorber des œstrogènes pendant au moins dix ans. Pour réduire le risque de cancer de l'endomètre, les œstrogènes sont là encore associés à des gestagènes (pour les femmes dont l’utérus est intact). Reste que dès l’arrêt des hormones, la substance osseuse diminue à nouveau. Pour les femmes ayant développé une ostéoporose précoce, il existe une autre solution efficace mais plus chère: les bisphosphonates, qui empêchent la dégénérescence osseuse. Pour toutes les autres, il est primordial d'entraîner ses muscles, en effet l’épaisseur osseuse dépend aussi de la force musculaire. Il n’y a pas d’autre solution, à part se nourrir correctement (alimentation riche en calcium) et pratiquer une activité physique.

Cas particulier: l’ablation de l’utérus   

Les femmes ayant subi une hystérectomie et qui, de ce fait, ne sont pas confrontées à un risque de cancer de l’utérus, peuvent bénéficier d’une thérapie à base d'œstrogènes uniquement. Si les œstrogènes ne sont pas absorbés sous forme de pilule mais sont utilisés localement par voie vaginale (crème, comprimés vaginaux ou ovules vaginales) le taux d’hormone peut être dosé beaucoup plus faiblement. C’est notamment utile en cas de sécheresse vaginale ou de démangeaisons. Les œstrogènes peuvent également apaiser les incontinences urinaires. Le manque d’œstrogènes entraîne une plus grande sensibilité à l’urine des muqueuses de la partie basse de la vessie, ce qui peut déclencher des envies d’uriner plus intenses.

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