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Le zona

La «maladie de la vieillesse»

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Presque tous les enfants ont contracté la varicelle, puis l'ont oubliée. Reste que les virus continuent de sommeiller dans le corps et peuvent réapparaître plus tard sous forme de zona.

Les virus déclenchent l'herpès zoster, terme médical désignant le zona. Si on a eu la varicelle, on porte toute sa vie dans son corps les agents pathogènes (virus de varicelle-zoster). Après avoir surmonté cette maladie infantile, l'organisme est immunisé. Mais les virus se tapissent dans les racines nerveuses de la moelle osseuse ou dans les nerfs cervicaux. Environ 90 % des gens portent ces virus sans les remarquer.

Des décennies plus tard, ils semblent soudainement sortir de l'ombre. Près d'un tiers des patients ayant contracté la varicelle souffrent d'un zona au cours de leur vie. Le système immunitaire tient les virus en échec pendant une longue période, mais les défenses immunitaires diminuent avec l'âge. Lorsque le système immunitaire est par ailleurs affaibli en raison d'un stress chronique, d'un mode de vie déséquilibré ou suite à une autre maladie, les virus de la varicelle peuvent se multiplier et cheminer le long des voies nerveuses.

Le zona est de sortie

L'éruption d'un herpès zoster se déclare généralement par des démangeaisons sous la peau. On se sent apathique, parfois un peu fiévreux. On pense tout d'abord à une grippe. Ensuite, une douleur fulgurante surgit localement, puis la peau rougit et des vésicules ou des nodules se forment.

Lorsque l'éruption survient dans la partie inférieure du tronc, elle ressemble à un ruban rougi. La désignation populaire (zona) signifie d'ailleurs ceinture en grec ancien. Les signes peuvent cependant apparaître sur le dos, les bras, les jambes, les parties génitales, les yeux, ainsi que dans le conduit auditif, ou même sur tout le corps en cas de grande faiblesse du système immunitaire. Les symptômes sont le plus souvent présents au niveau du tronc. Le corps entier n'est touché que dans des cas exceptionnels.

Très rarement, des inflammations des poumons, du foie, de la moelle osseuse ou du tissu cervical peuvent survenir. Des paralysies passagères des fibres nerveuses du visage ont été observées dans de rares cas isolés.

Après environ trois jours, les vésicules de l'éruption s'agglutinent. Elles éclatent, laissant s'écouler un liquide laiteux purulent. Les lésions s'assèchent au bout de quelques jours et une croûte jaunâtre se forme alors. Après deux à quatre semaines, la peau est généralement guérie.


Des causes méconnues

Les premières douleurs, l'impression d'être malade, une légère fièvre et les modifications des parties de la peau sont souvent confondues avec d'autres troubles par les patients comme par les médecins, comme par exemple l'eczéma.

Le diagnostic est particulièrement difficile lorsque le zona survient sans éruption cutanée. Dans ces rares cas, le patient ne ressent que les douleurs caractéristiques. Selon la localisation, le médecin peut penser tout d'abord un à infarctus ou à une colique biliaire.

Si les virus responsables de la crise ne sont pas décelés d'emblée, en cas de doute il est possible de faire analyser les sécrétions des vésicules en laboratoire. On peut également vérifier la multiplication des anticorps dans le sang.

L'importance du traitement précoce

Un épisode de zona ignoré ou non détecté à temps implique souvent un traitement tardif et donc plus de souffrance. Les virus peuvent détruire les cellules nerveuses, ce qui augmente encore la douleur. Près d'un cinquième des personnes concernées se plaint de douleurs persistantes même après le déclin de la crise aiguë, ou d'une sensibilité demeurant dans les parties du corps touchées. Pour la médecine, il s'agit alors d'une névralgie post-zostérienne. Le risque de souffrir de ce type de névralgie augmente avec l'âge, il dépasse les 50 % chez les plus de 70 ans. Des médicaments anti-viraux pris à temps contrecarrent ces désagréments.

Le rétablissement n'a pas toujours lieu sans complications : les cloques égratignées ou éclatées représentent des lésions sur l'enveloppe du corps. Ce sont des portes d'entrée pour les bactéries qui à leur tour déclenchent des inflammations douloureuses. Ces lésions peuvent parfois laisser des cicatrices et des traces de dépigmentation.

Une multitude de médicaments contre le zona

En cas d'épisode de zona, la médecine conventionnelle prescrit des médicaments contre l'herpès. Parallèlement, des substances agissant contre les fortes douleurs et éventuellement des anti-inflammatoires ou des médicaments contre la fièvre peuvent être administrés. Pour traiter les désagréments liés à la peau, des pommades, des poudres ou des gels apaisants et désinfectants seront appliqués. Les infections bactériennes et les cicatrices persistantes seront ainsi évitées. Si nécessaire, des compresses apaisantes seront collées sur les parties endolories.

Les pommades à base d'extraits de poivre de Cayenne se sont également révélées efficaces. À titre de thérapie complémentaire, le médecin prescrit éventuellement des médicaments antidépresseurs. Les douleurs parfois très vives peuvent jouer sur l'humeur et altérer considérablement la qualité de vie. Parallèlement, les antidépresseurs renforcent l'action des antalgiques.

Éviter l'automédication

Les épisodes de zona et leurs conséquences pouvant être très douloureux, certains patients cherchent un soulagement dans les médecines alternatives ; quelquefois également par frustration, lorsque la médecine conventionnelle n'a pas pu éliminer complètement les douleurs. On trouve les conseils les plus variés sur l'Internet, en passant par le jeûne et des frictions de pâte de poudre à lever. Un certain scepticisme est permis. Le zona n'est en aucun cas anodin ; dans son propre intérêt, il vaut mieux éviter les traitements expérimentaux.

Les solutions alternatives

En cas de zona, la neuralthérapie donne des résultats positifs. Elle consiste à injecter des médicaments anesthésiques (procaïne) sous la peau, à des endroits précis. Les processus de régulation déroutés du corps sont alors normalisés ou améliorés, le pouvoir d'auto-régulation de l'organisme est stimulé. Pour ce type de traitement, il convient de se fier uniquement à un praticien formé et expérimenté. Seul un spécialiste compétent peut déceler à temps d'éventuelles complications, et les éviter.

  • L'acuponcture soulage la douleur pour environ la moitié des patients souffrant de zona.La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) a pu également réduire la douleur chez certains patients.

  • Les électrodes fixées sur la peau envoient régulièrement des impulsions électriques et visent à empêcher la transmission de la douleur vers le cerveau. Il existe désormais de petits appareils de neurostimulation que les patients peuvent utiliser à la maison, à condition qu'un médecin leur donne au préalable les instructions nécessaires.

  • Les applications thérapeutiques de Kneipp recommandent des enveloppements de fromage blanc, d'argile ou de feuilles de chou. L'efficacité des enveloppements en cas de douleurs diverses a été amplement vérifiée. Néanmoins, les compresses directement appliquées sur les zones de la peau endommagées par les vésicules éclatées peuvent provoquer des inflammations. En cas de zona, l'application de jets d'eau des applications de Kneipp requiert de la prudence,  car le froid renforce la douleur.

  • Pour tout traitement, le cas particulier du patient doit être pris en compte - notamment pour l'homéopathie. Des remèdes qui aident certaines personnes à guérir d'un herpès-zoster restent sans effet sur d'autres patients. Seul le remède homéopathique précisément adapté à la personne a des chances de soigner.

Ceux qui, en fonction de leurs besoins, parlent des applications thérapeutiques complémentaires à leur médecin, jouent la carte de la sécurité. Bien souvent, l'association de la médecine conventionnelle et des médecines alternatives offre la stratégie de traitement la plus efficace.

La prévention est possible

Depuis 2013, un vaccin contre le zona est disponible pour les personnes de plus de 50 ans. Il réduit de moitié le risque de contracter la maladie et de deux tiers l'éventualité de souffrir continuellement après un épisode. Si l'herpès zoster se déclenche malgré tout, ses effets seront moindres. Reste qu'il n'existe à ce jour aucune donnée fiable sur la longévité du vaccin. Bien que le vaccin soit réputé efficace et sûr, l'Office fédéral de la santé publique suisse ne recommande pas la vaccination. Le patient doit en supporter les coûts. En Allemagne, le vaccin contre l'herpès zoster bénéficie également d'une autorisation de mise sur le marché pour les plus de 50 ans. Cependant, aucune recommandation n'est (encore) émise du côté de la commission permanente des vaccins.

La personne souhaitant se faire vacciner doit bien évaluer les bénéfices et les risques avec son médecin. Important : En cas de crise aiguë de zona, les personnes concernées éviteront les contacts avec les jeunes enfants, les malades et surtout avec les femmes enceintes. Contrairement à la varicelle, le zona est certes peu contagieux, la rare contamination s'effectuant uniquement par contact avec l'infection : il faudrait être en contact direct avec le contenu des vésicules infectieuses. Si l'on vient à être contaminé de la sorte, on ne développe pas un zona mais la varicelle. Si une femme enceinte n'est pas immunisée contre ce virus, parce qu'elle n'a jamais contracté la varicelle ou qu'elle est vaccinée, cela peut représenter dans de rares cas un danger pour le bébé.

Pour ceux qui ont déjà eu la varicelle, l'herpès zoster n'est pas contagieux.


Auteur:  Adrian Zeller (6/15)
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