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Le meilleur pour les reins

Conseils d’Occident et d’Orient pour la « racine de l’énergie vitale »

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La « racine de l’énergie vitale » : dans la médecine traditionnelle chinoise, c’est ainsi que sont appelés les reins. Cet organe régulerait la reproduction et la croissance, favoriserait la volonté, renforcerait les os et les dents, et épaissirait les cheveux. Les meilleurs conseils d’Occident et d’Orient pour votre « racine ».

Photo: Thinkstock

Du point de vue de la médecine chinoise, une pratique sportive fatigante épuise prématurément l’énergie rénale. En Orient comme en Occident, des activités constituant des alternatives au sport de compétition et ayant un effet positif sur les reins se sont donc développées : par example le Tai-Chi.


Un peu avant Soleure, la douleur apparaît dans le pied droit, aussi coupante qu’une lame de rasoir. Pas très agréable, surtout lorsque le pied en question appuie sur la pédale d’une voiture qui roule à 80 km/h. Que faire ? Se ranger rapidement sur la droite, éteindre le moteur et étendre le pied. Depuis des mois, de fortes crampes aux pieds surviennent de nulle part ! Malgré des préparations à base de calcium et de magnésium, une alimentation saine, des chaussures plates et de nombreuses activités. Tout cela pour rien ?

Deux jours plus tard, je me retrouve chez le Dr. Liu Zhiwang. Ce médecin aveugle de médecine traditionnelle chinoise du centre An-Mo de Grosshöchstetten, près de Berne, écoute ce que j’ai à lui dire. Ensuite, il examine mes pieds, sent pendant un moment mon pouls au niveau de mes poignets, puis déclare : « Cela ressemble à un problème du méridien du foie. » S’en suit un traitement chinois An Mo, c’est-à-dire un massage Tuina, le masseur me frotte, m’effleure et exécute des mouvements rotatifs.

45 minutes plus tard, je quitte la clinique, comme sur un nuage. Mes pieds sont en pleine forme. La sensation bizarre d’un « bouchon d’énergie » au niveau des articulation des pieds a diminué. Après trois autres traitements sur une période de deux semaines, les crampes aux pieds ont disparu.

Autheur: : Petra Horat Gutmann, 12.2015

Un large « empire »

Il peut souvent être utile d’arrêter de fixer du regard un problème pour observer un peu ce qui l’entoure. Prenons par exemple l’ostéoporose, l’incontinence, les acouphènes, les bouffées de chaleur de la ménopause, le manque d’activité et l’angoisse. D’après la médecine occidentale, ces problèmes ont des causes très diverses et sont traités en conséquence, généralement à l’aide de médicaments.

Cependant, selon la médecine chinoise, ces symptômes pourtant très variés possèdent un « épicentre » commun : les reins.
Et plus précisément un déséquilibre de l’énergie rénale. D’après la médecine traditionnelle chinoise, les organes des reins situés à gauche et à droite de la colonne vertébrale constituent les « réservoirs » de l’énergie vitale, de cette énergie dont nous avons besoin afin de grandir, de percevoir, de digérer, de penser, de nous reproduire et de nous sentir bien. L’énergie des reins alimente, hydrate, réchauffe et assiste tous les organes et tissus corporels.

Les reins sont particulièrement étroitement liés à quelques organes : à la vessie, aux voies urinaires, au système génital, au bas du dos, à la moelle épinière, aux genoux, aux os, aux dents, aux oreilles et aux cheveux. C’est pour cela que les thérapeutes chinois affirment que les reins renforcent les os et les dents, et confèrent aux cheveux leur épaisseur. Inversement, des problèmes touchant ces organes font toujours penser à un déséquilibre de l’énergie des reins, par exemple en cas de dents fragiles.

Perte des cheveux, infections auriculaires, acouphènes, perte de l’audition, douleurs « inexplicables » au niveau des lombes, membres raides et os fragiles. Selon la médecine chinoise, en plus de ces symptômes de vieillissement typiques que des naturopathes, par exemple Hildegard von Bingen, ont également mis en relation avec les reins, de nombreux autres problèmes sont liés à l’énergie des reins, comme l’incontinence, l’impuissance ou l’infertilité.

L’eau, totalement individuelle

Une raison suffisante afin de s’occuper correctement de ses reins. Mais comment ? La médecine occidentale et la médecine orientale permettent de tirer quelques conclusions à ce sujet. La naturopathie européenne a par exemple analysé de manière particulièrement intense les applications relatives à l’eau afin de développer une hydrothérapie de haute qualité. Nous pouvons citer l’exemple de l’un de ses représentants les plus compétents, Sebastian Kneipp, qui a soigné de nombreux troubles rénaux grâce à des bains, des lavages, des jets et des enveloppements.Jusqu’à aujourd’hui, les maisons de cure spécialisées proposent des applications hydrauliques qui font du bien à tout le corps et également aux reins.

Les effets d’un bain de pieds avec augmentation de la température sur la vessie et les reins ne sont pas non plus négligeables : faire couler de l’eau chaude à température corporelle dans un bassin, y plonger les pieds et augmenter lentement la température jusqu’à 39°C. Il ne faut pas que l’eau devienne trop chaude, afin que les pores de la peau restent ouverts ! Après le bain, bien frictionner les pieds et mettre des chaussettes chaudes.Du point de vue de la médecine chinoise, un tel bain de pied permet d’équilibrer l’énergie du méridien des reins et de la vessie, qui débute au niveau des pieds.

L’eau est de loin le liquide préféré des reins. Grâce à l’eau, ceux-ci nettoient tout de même de nombreux produits du métabolisme dans plus de 1500 litres de sang qui coulent quotidiennement par les reins afin de les éliminer avec l’urine. De grandes quantités
d’eau du robinet ou d’eau minérale plate sont donc importantes pour les reins, ingurgitées non pas selon une règle stricte concernant les quantités, mais en harmonie avec les besoins quotidiens en eau qui peuvent varier selon l’état de santé, l’intensité de la transpiration et d’autres facteurs.

Une question de « Yin »

La médecine chinoise attribue l’énergie « Yin » aux reins. Le Yin, cela signifie en premier lieu l’obscurité, le calme, la relaxation, l’introversion. Le hic, c’est qu’à de nombreux niveaux, la vie moderne s’oppose à l’énergie Yin. « Notre existence est fortement
yangisée, ce qui entraîne un épuisement prématuré de l’énergie des reins », souligne le spécialiste de la médecine traditionnelle chinoise Peter von Blarer, qui dirige avec sa femme l’école de naturopathes de Lucerne. Trop de Yang, cela signifie que nous surfons trop sur la surface « claire » de la vie : la performance, le surmenage physique ou psychique, le fait de veiller tard la nuit, des sons qui nous parviennent constamment aux oreilles, les réseaux sociaux, le zapping, etc.

« Un tel style de vie n’est pas sain », explique également le médecin chinois Dr. Yoongguang Jiang, médecin en chef du China Health Institute de Lucerne. « Une existence consciente, harmonieuse, avec suffisamment de calme, est très importante pour l’énergie des reins. Quelques petites étapes qui favorisent le calme intérieur peuvent déjà être utiles. Par exemple aller se promener aussi souvent que possible dans la nature, faire tous les jours une sieste après le déjeuner ou bien faire des mini-siestes pendant la journée. Au bureau, à la maison, peu importe où. Le soir, il faut alors passer en mode calme et par exemple ne pas faire de sport, car cela ne servirait qu’à renforcer le Yang. »

L’importance de l’obscurité !

La façon de concevoir sa nuit est également importante pour les reins. « C’est la nuit que le Yin est le plus fort » explique le naturopathe Peter von Blarer. « Cette force devrait uniquement être utilisée pour la régénération ». Il s’agit d’une déclaration claire visant à combattre les ennemis du sommeil profond et non troublé, notamment les films d’action et la musique à volume élevé, les discussions enflammées, les pensées inquiètes et les repas lourds.

Mais utiliser la force Yin de la nuit, cela signifie également : « Dormir dans une pièce sombre et calme, protégée des bruits, du bruit de la circulation et des sources de lumière comme les lampadaires ou les publicités illuminées », recommande Peter von Blarer. La chaleur est également une bonne amie des reins. Les reins apprécient la chaleur sous différentes formes, que ce soient les agréables grosses chaussettes et bottes hivernales, les thermos, les bouillottes et les petits sacs de noyaux de cerises, ou bien des couches ou compresses chaudes dans le bas du dos.Une confortable couette en laine ou une fourrure d’agneau ont également un effet positif sur les reins lorsque vous vous allongez dessus durant les froides nuits hivernales. Tout comme un bonnet qui permet de conserver la chaleur dans le corps durant les journées et nuits froides.

Le goût des reins

Les naturopathes orientaux ou occidentaux considèrent souvent que le goût d’un aliment donne une indication relative à son pouvoir guérissant. Selon la tradition, les reins ont une affinité particulière avec le salé. Le fait que l’eau et le sel s’apprécient concorde avec le rôle de « responsable de l’eau » des reins.
Cependant, la combinaison sel-eau doit être bien dosée, car des doses trop faibles ou trop élevées en sel peuvent endommager les reins. Même si les résultats de recherches les plus récentes ne confirment pas l’influence négative de la consommation de sel sur la tension artérielle, la fondation suisse pour le cœur recommande par exemple de réduire la consommation quotidienne de sel à une cuillère à thé par jour. La quantité plus faible de sel permet de faire baisser le volume d’eau des vaisseaux sanguins et soulage ainsi le cœur, la circulation et les reins.

De plus, la quantité recommandée concerne le véritable sel, comme par exemple le sel de mer haut de gamme qui contient du moins encore de petites quantités de substances minérales, et non le sel de table utilisé dans la plupart des foyers, qui n’est pas particulièrement bon pour les reins. Et qu’en est-il du sucre blanc ? La plupart des praticiens de médecine complémentaire s’accordent à dire que le sucre raffiné ne fait du bien à aucun organe, et non plus aux reins. Dans ce contexte, il est utile de se souvenir d’A. Vogel qui avait observé que les patients souffrant de maladies rénales devenaient plus sensibles à la douleur lorsqu’ils consommaient beaucoup de sucre. Lorsque les patients arrêtaient le sucre, leur douleur diminuait. Du point de vue de la médecine chinoise, un surplus de sucre industriel blanc est surtout mauvais pour le ventre, la rate et le pancréas. Mais ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les reins. Un pancréas surmené, un ventre douloureux, une rate affaiblie ? Avec le temps, cela affecte également les reins, qui en tant que « gardiens » de l’énergie vitale doivent approvisionner tous les organes en énergie.

Petits mais importants

La naturopathie occidentale dispose de connaissances approfondies relatives aux effets des herbes et des plantes alimentaires. Prenons par exemple le persil, cette substance tonifiant les reins, vieille comme le monde. Consommé en quantité adaptée, il favorise l’activité des reins, mais lorsque l’on en ingurgite des quantités trop importantes, le persil peut irriter la vessie et les reins. Alfred Vogel recommandait de saupoudrer souvent ses feuilles fraîchement cueillies au-dessus des soupes et des salades. Diurétiques et astringentes, les myrtilles ou airelles rouges, dont le jus protège les muqueuses de la vessie des agents pathogènes, sont également des amies des reins. La poire, la livèche, la capucine, le céleri, le cassis, les asperges et de nombreux autres ingrédients sont connus depuis longtemps pour leurs effets positifs sur les reins.

Depuis des siècles, des naturopathes chinois tentent également de comprendre comment les plantes médicinales, les épices et les aliments influent sur le corps, l’esprit et le psychisme. Pour cela, ils différencient même les effets au sein du même organe-cible : ainsi, il existe par exemple des aliments qui refroidissent les reins, tandis que d’autres les réchauffent.

Les connaissances accumulées remplissent des bibliothèques entières. Pour simplifier, nous nommerons seulement quelques aliments qui revitalisent les reins selon la médecine chinoise traditionnelle : algues, noix, haricots verts, framboises, mûres, cerises, cresson de fontaine, cynorhodon, lentilles, marrons, raisins et raisins secs. Également le maïs, l’avoine et le blé. Le sésame, le tofu, le poisson, le beurre et la noix de coco, ainsi que le lait et le fromage de chèvre et de brebis. Cela ne signifie pas qu’il faut manger tous les jours des tonnes de haricots, de fromage de chèvre ou de poisson afin de revitaliser les reins. Ceci serait contraire à une alimentation équilibrée, également du point de vue de la médecine chinoise. Il faut simplement que les plats que l’on mange contiennent régulièrement quelques aliments permettent de tonifier les nerfs, si possible en variant ces aliments.

La médecine des reins

Tous les amateurs de naturopathie savent que dans la grande majorité des cas, une cystite peut être soignée sans antibiotiques. D’autant plus qu’il existe de nombreuses plantes médicinales qui assistent la vessie et les reins : par exemple la prêle des champs, les feuilles d’arbouse, les feuilles de bouleau, les orties, le solidago et la bugrane rampante. On peut y ajouter d’excellents remèdes naturels sous différentes formes galéniques comme les jus et les teintures de plantes fraîches, ainsi que les médicaments homéopathiques et spagyriques. Mais que peut-on faire lorsque l’énergie des reins a déjà commencé à diminuer, par exemple en raison de l’âge ?

Prenons l’exemple des bouffées de chaleur dues à la ménopause. Du point de vue chinois, il s’agit d’un symptôme de la diminution de l’énergie des reins à l’âge moyen, tout comme l’agrandissement de la prostate chez l’homme.

Dans de tels cas, les conseils d’un thérapeute avisé peuvent s’avérer très utiles. Ainsi, en cas de bouffées de chaleur, le thérapeute Peter von Blarer prescrit souvent l’actée à grappes (Cimicifuga racemosa). « Selon la médecine traditionnelle chinoise, cette plante médicinale est étroitement reliée au reins, à l’utérus et au foie », explique-t-il. « Elle renforce le Yin, c’est-à-dire ce qui alimente et rafraîchit l’énergie des reins, et peut ainsi diminuer les bouffées de chaleur. » Selon la constitution et les troubles des patients, d’autres plantes médicinales peuvent être utilisées. D’après la médecine traditionnelle chinoise, bon nombre d’entre elles renforcent l’énergie des reins, comme par exemple l’alchémille ou la sauge qui a un effet anti-transpirant. Mais l’acuponcture peut également permettre de diminuer les bouffées de chaleur dues à la réduction des reins. À ce sujet, le Dr. Yongguang Kian explique que : « À l’aide de l’acuponcture, un thérapeute expérimenté peut renforcer l’énergie Yin des reins. Durant la ménopause, cette énergie refroidissante diminue à tel point que la chaude énergie Yang des reins devient trop dominante. Les bouffées de chaleur constituent une conséquence de ceci. »

Combinés à une alimentation qui associe habilement des aliments chauffants et refroidissants, l’acupressure ou un massage An Mo (Tuina) peuvent notamment aider à équilibrer l’énergie rénale. C’est du moins ce qu’a observé le Dr. Liu Zhiwang qui a fait disparaître mes crampes aux pieds quasiment comme par magie : « Certaines patientes ménopausées relatent qu’après quelques massages An Mo, elles transpirent moins. Il s’agit d’un signe que l’énergie des reins est à nouveau renforcée. »

L’harmonie grâce aux activités

Du point de vue de la médecine chinoise, une pratique sportive fatigante épuise prématurément l’énergie rénale. En Orient comme en Occident, des activités constituant des alternatives au sport de compétition et ayant un effet positif sur les reins se sont donc développées. On peut nommer le Qigong ou le Tai-Chi, mais la natation relaxante ou la danse en font également partie. Le Qigong comprend même des exercices spécifiques pour l’énergie rénale, devant être pratiqués quotidiennement en hiver (la saison des reins).

Mais les activités passives sous forme d’un massage peuvent également tonifier les reins : bien se réchauffer les mains en les frottant puis masser la zone des lombes. Ce faisant, il faut se concentrer sur la région des reins, conformément au vieil adage : l’énergie apparaît là où l’attention se porte.

Ce que sentent les reins

Du point de vue de la médecine chinoise, les reins sont surtout attaqués par la peur. Cette doctrine peut être mise en parallèle à des évènements du quotidien, par exemple lorsque les enfants font pipi dans leur pantalon. Cependant, il est également possible d’inverser cette doctrine en affirmant qu’un déséquilibre au niveau de l’énergie rénale peut entraîner des états d’anxiété. De plus, de nombreux autres symptômes psychiques en rapport avec l’énergie rénale peuvent apparaître, comme par exemple le manque de motivation. Car en tant que « racine » de l’énergie vitale, les reins ont également une incidence sur la volonté.

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