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Le pancréas : une double influence

Un organe dont on entend très peu parler

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Qu’est-ce que les sucs pancréatiques ? Où et comment se fait la régulation des sucres ? Beaucoup de gens ignorent les fonctions de ce petit organe qui se situe dans l’abdomen.

Pas plus lourd qu’une tablette de chocolat, plus précisément entre 80 et 100 grammes chez un adulte, le pancréas se situe dans l’abdomen, derrière l’estomac et juste devant les grands vaisseaux de l’abdomen (l’aorte et la veine cave inférieure) et la colonne vertébrale.

Auteure : Ingrid Zehnder, 05.16

Il régule les sucs digestifs

Le pancréas est de couleur jaunâtre et mesure entre 15 et 18 centimètres de long, à peine deux centimètres de haut et entre trois et quatre centimètres d’épaisseur. Cette glande s’étend de manière transversale entre le duodénum et la rate, et se compose de 3 parties : une tête épaisse, un corps au milieu et une queue pointue.

Le pancréas accomplit deux fonctions vitales : la production de sucs gastriques et la régulation du taux de glycémie.

Kiwi

Une double fonction

Le pancréas se compose de deux types de tissus différents, ayant chacun une fonction propre. On distingue le pancréas exocrine (dont les substances sont destinées à être expulsées de l’organisme), qui produit les sucs pancréatiques, et le pancréas endocrine (dont les substances sont destinées à être diffusées dans la circulation sanguine) qui synthétise les hormones régulant le taux de glycémie et les libère dans le sang.

Une aide pour la digestion

Lorsque le bol alimentaire prédigéré passe de l’estomac à l’intestin, il a besoin de sucs gastriques supplémentaires, afin de pouvoir être décomposé en petites particules. La fonction du pancréas est alors de fournir ces sucs gastriques. Le pancréas exocrine, qui constitue 98 % du volume total du pancréas, produit quotidiennement entre 1,5 et 2 litres de sucs pancréatiques contenant environ 20 enzymes différentes. Il neutralise également l’acide gastrique.

La décomposition de la nourriture en petites particules est nécessaire pour qu’elle puisse passer dans le sang au niveau de l’intestin.

Les enzymes les plus importantes sont les amylases pour la digestion des glucides, les lipases pour la fragmentation des graisses et les protéases pour la division supplémentaire des protéines déjà partiellement décomposées dans l’estomac. Les sécrétions (les sucs pancréatiques) sont produites dans les cellules glandulaires et passent dans de nombreux petits canaux menant au canal pancréatique, lequel traverse toute la glande.

À l’endroit où la tête du pancréas touche le duodénum, un orifice est contrôlé par un mécanisme de fermeture. La papille de Vater (aussi appelée papille duodénale majeure) doit son nom au médecin allemand et professeur d’anatomie Abraham Vater (1684–1751). Cette papille ne s’ouvre que lorsque les aliments digérés passent de l’estomac à l’intestin.

Une gestion raffinée

Le pancréas est essentiellement constitué de protéines. Afin que le pancréas ne soit pas lui-même endommagé par les sucs digestifs, il produit uniquement les précurseurs des enzymes qui divisent les protéines ; ces enzymes seront seulement activées après la sécrétion d’une enzyme supplémentaire dans le duodénum, l’entérokinase, qui se trouve dans l’intestin.

La bile se déverse en même temps dans le duodénum par la papille de Vater ouverte, car le conduit biliaire de l’épaisseur d’un crayon traverse la tête du pancréas et s’unit avec le canal pancréatique principal juste avant la papille. Les sels biliaires stimulent les sucs digestifs du pancréas qui décomposent la graisse.

Inflammation du pancréas

Dans le jargon médical, une inflammation du pancréas s’appelle une pancréatite. On distingue la pancréatite aiguë et la pancréatite chronique.

La fréquence de la pancréatite aiguë est illustrée par des chiffres différents, mais les experts s’accordent à dire que le nombre de ces inflammations augmente dans le monde entier. En Allemagne, cette inflammation concerne 15 à 20 personnes sur 100 000.

Les symptômes typiques d’une pancréatite aiguë sont de fortes douleurs soudaines, puis continues, au niveau de l’abdomen. Ces douleurs se propagent jusque dans le dos ou forment une sorte de ceinture. Nausées, vomissements, ballonnements et parfois de la fièvre peuvent également survenir.

Une pancréatite aiguë nécessite un examen approfondi et un traitement médical intensif. Dans 80 à 85 % des cas, les médecins parlent de pancréatite « œdémateuse bénigne ». Le patient se rétablit en quelques jours et ne garde pas de séquelles durables au niveau du pancréas.

Pour environ 15 % des patients, la pancréatite aiguë se révèle plus compliquée. Elle cause une destruction soudaine des tissus glandulaires (pancréatite aiguë nécrosante) À l’heure actuelle, les médecins ne savent toujours pas « pourquoi la pancréatite se révèle bénigne chez certains patients et fulgurante chez d’autres, pouvant parfois causer la mort » explique le gastroentérologue Joachim Mössner, de Leipzig. La pancréatite est mortelle lorsque l’inflammation atteint d’autres organes comme les poumons ou les reins. Au cours des dernières années, des progrès considérables ont été accomplis concernant le traitement compliqué de cette inflammation. Même lorsque les patients se rétablissent, les fonctions du pancréas restent toutefois souvent limitées (troubles digestifs, diabète).

Les pancréatites chroniques laissent des traces sur les tissus fragiles, causées par les épisodes inflammatoires à répétition. Les cellules saines meurent, les tissus du pancréas se calcifient. La maladie débute généralement de manière sournoise et se détériore rapidement dans la plupart des cas. De violentes douleurs dans l’abdomen apparaissent soudainement et durent plusieurs heures ou des jours entiers, une perte d’appétit et des troubles digestifs se manifestent : attention à l’inflammation chronique. Des selles grasses, brillantes et nauséabondes caractérisent également cette maladie.

Si la glande ne produit plus ou très peu d’enzymes digestives à la suite d’épisodes inflammatoires à répétition ou d’interventions chirurgicales, on peut redouter des carences alimentaires et une perte de poids. Il est toutefois possible de prendre des inhibiteurs d’acide gastrique et des enzymes pancréatiques sous diverses formes.

Les causes de la pancréatite

Dans 60 % des cas, les calculs biliaires sont responsables de cette inflammation du pancréas. Les calculs biliaires empêchent l’écoulement des liquides, tel un nœud dans un chiffon.

Les causes les plus fréquentes de la pancréatite sont les calculs biliaires ainsi que la consommation (excessive) d’alcool, en effet, le pancréas réagit de manière particulièrement sensible à ces deux éléments. Il est impossible de savoir avec certitude la quantité à partir de laquelle cela représente un danger pour le pancréas. La tolérance du pancréas par rapport à la consommation d’alcool diffère fortement selon l’individu. Reste qu’une personne qui boit beaucoup et pendant de nombreuses années risque de souffrir d’une inflammation du pancréas.

Dans environ 60 % des cas, les calculs biliaires sont responsables d’une pancréatite aiguë. Ils transitent de la vésicule biliaire vers la partie où se rejoignent le canal biliaire et le canal pancréatique. Ils empêchent l’écoulement dans le duodénum, les enzymes accumulées attaquent alors le pancréas.

Si les calculs biliaires sont à l’origine de la pancréatite, l’écoulement de la bile est aussi affecté. Il s’ensuit alors des troubles de la digestion des graisses, ce qui peut provoquer une jaunisse. Les symptômes vous sont familiers : Un jaunissement de la conjonctive et de la peau, des urines foncées et des selles claires. Les calculs biliaires sont retirés par voie chirurgicale. La vésicule biliaire est souvent retirée afin d’éviter d’autres inflammations du pancréas.

Cancer du pancréas

L’écoulement des sucs digestifs et de la bile peut également être obstrué par une tumeur bénigne ou par un carcinome malin dans la tête du pancréas. Même si le cancer (dans le jargon médical : carcinome pancréatique) touche le plus souvent la tête du pancréas, il peut théoriquement s’attaquer à chaque partie du pancréas. Dans 95 % des cas, il se développe dans les cellules exocrines qui produisent les sucs digestifs. La plupart du temps, ce cancer ne cause tout d’abord aucun trouble. C’est pourquoi il est particulièrement difficile de le détecter de manière précoce. Lorsque les symptômes apparaissent, la maladie est généralement à un stade avancé et a atteint d’autres organes, ou des vaisseaux sanguins importants situés à proximité du pancréas.

Les causes de cette maladie restent souvent inconnues. Il existe un risque plus élevé pour les fumeurs, mais aussi pour les diabétiques ainsi que pour les personnes qui souffrent de pancréatite chronique. Bien plus rarement, le cancer peut aussi être d’origine génétique, lorsque des membres de la famille ont déjà été touchés.

Lors d’un important congrès d’experts qui a eu lieu en mars de cette année à Saint-Gall, l’oncologue Florian Otto a déclaré : « Outre les recherches sur de nouveaux médicaments, il est important de rechercher des possibilités de détection précoce de ce type de cancer ». Une approche est déjà connue dans ce domaine : on a constaté que les patients deviennent souvent diabétiques environ un an avant de ressentir les troubles causés par le carcinome pancréatique. On y consacre donc actuellement un grand travail de recherche. »

Depuis plusieurs années, le nombre de personnes atteintes d’un cancer du pancréas est relativement stable en Allemagne. Selon la Ligue allemande contre le cancer (Deutsche Krebshilfe), on détecte 14 200 cas de personnes atteintes par ce cancer. L’âge moyen d’apparition du cancer est de 69 ans pour les hommes et de 76 ans pour les femmes. On diagnostique 1250 cas par an en Suisse. En Autriche, ce sont 1500 personnes qui sont atteintes de ce cancer chaque année.

Étant donné que ce cancer relativement rare est particulièrement insidieux, des personnes célèbres qui en souffrent tels que l’acteur Patrick Swayze, le fondateur d’Apple Steve Jobs, le chanteur d’opéra Luciano Pavarotti ou encore le présentateur et producteur de télévision suisse Kurt Felix bénéficient d’une attention particulière de la part des médias et du public.

Une productrice d’hormones

La deuxième fonction influente du pancréas est de créer les hormones nécessaires à la régulation du taux de glycémie.

Ces hormones sont produites dans de minuscules amas cellulaires en forme d’îlots, répartis dans tout le pancréas (principalement dans la tête et dans la queue). Ces amas ont été découverts par le médecin allemand Paul Langerhans en 1869. Les îlots de Langerhans représentent entre 1 et 2 % du volume total de la glande, soit tout de même environ un million d’îlots chez un adulte en bonne santé.

Les hormones dans les tissus endocriniens du pancréas régulent principalement le métabolisme des glucides (sucre) mais s’occupent également de réguler le métabolisme des protéines et des lipides. À l’intérieur des îlots de Langerhans, des cellules spécialisées produisent de l’insuline, du glucagon et de la somatostatine. Ces hormones interagissent et sont transportées directement dans le sang.

Étant donné que les cellules endocrines sont en contact direct avec le sang, elles peuvent « mesurer » le taux de glycémie et, si besoin, déverser de l’insuline ou du glucagon directement dans le système vasculaire.

L’insuline...

Les cellules beta sont les plus nombreuses et représentent environ 80 % du volume des îlots de Langerhans. Elles fournissent l’insuline, qui fait baisser le taux de glycémie. L’insuline assure que les aliments que nous ingérons et qui sont transférés dans le sang par la muqueuse intestinale, atteignent également les cellules. Cette hormone est transportée par le circuit sanguin dans le foie, les muscles et d’autres cellules de l’organisme et, à l’aide de récepteurs à insuline, elle permet l’absorption du sucre (glucose). Si le taux de glycémie augmente, par exemple après un repas riche en glucides ou une boisson sucrée, les cellules beta déversent de l’insuline directement dans le sang afin de faire baisser le taux de glycémie. À long terme, un taux de glycémie trop élevé peut endommager les organes, les nerfs et les vaisseaux.

L’insuline influence également le métabolisme des lipides et des protéines. Elle favorise entre autre l’interaction entre l’approvisionnement et le stockage des graisses alimentaires et stimule l’absorption des aminoacides (par exemple dans les tissus musculaires).

Les personnes souffrant de troubles de la production d’insuline sont diabétiques (diabète sucré). Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune du pancréas qui n’est pas innée, mais qui se développe pendant l’enfance et jusqu’à l’âge de 25 ans. Les personnes qui souffrent de ce type de diabète doivent s’injecter l’insuline manquante grâce à des piqures ou à des pompes durant toute leur vie.

La destruction des tissus pancréatiques due à une pancréatite chronique peut aussi (mais pas nécessairement) être à l’origine du diabète. On parle alors de diabète pancréatique. Il doit également être traité par des injections d’insuline.

...et son adversaire

Les cellules alpha représentent environ 15 % des îlots de Langerhans. Elles produisent une hormone appelée glucagon, qui augmente le taux de glycémie.

Le sucre est une source d’énergie importante pour notre corps, dont toutes les cellules dépendent. Le glucagon aide à réaliser des tâches fatigantes comme de longues sorties ou des activités sportives. Lorsque nous bougeons, le corps brûle d’abord le glucose présent dans le sang et dans les cellules. Une fois cette énergie consommée, le glucagon envoie le signal de se concentrer sur la réserve de sucre (sous forme de glycogène) stockée dans le foie. Si l’on ne mange rien pendant une longue période, cette hormone s’occupe du maintien vital d’un taux de glycémie suffisamment élevé. Lorsque le taux de glycémie augmente à nouveau, la sécrétion de glucagon s’arrête.

Cette hormone est utilisée en tant que médicament (injection) pour soigner rapidement une hypoglycémie sévère pouvant se produire chez un diabétique, en raison du traitement à l’insuline - lequel réduit le taux de glycémie.

Wandern Glukagon

Si on fait des randonnées plus longues, il peut être possible que le corps expulse glucagon afin qu'il puisse accéder aux « dépôts de sucre ».

Les cellules delta

L’hormone appelée somatostatine est sécrétée en petite quantité dans ces cellules en forme d’îlot, lors de la digestion.

La somatostatine est surtout produite dans l’hypothalamus mais également dans d’autres parties du corps, dont le pancréas. Elle joue un rôle inhibiteur sur de nombreuses autres hormones. Elle n’empêche pas seulement la production de suc gastrique, la souplesse du transit intestinal et la sécrétion d’enzymes pancréatiques. Elle a aussi une influence régulatrice et inhibitrice sur la libération d’insuline et de glucagon.

L’alimentation

Il n’existe pas d’alimentation préventive au sens strict. Mais, comme toujours : Une alimentation équilibrée est bénéfique. Elle doit se composer de produits complets, de beaucoup de fruits et de légumes frais, de noix et noisettes, de viande maigre, de poisson, de fruits de mer, de fromage, de lait, de yaourt nature ainsi que de graisses et d’huiles saines. Le café et le thé sont autorisés. Il faut dans tous les cas renoncer à la nicotine, à la consommation (excessive) d’alcool, aux boissons sucrées et aux produits gras, qui contiennent généralement trop de sucre et de matières grasses.

Il faut faire attention à son poids, car les tissus adipeux jouent un rôle important. Les transmetteurs sont libérés particulièrement dans la graisse abdominale, ce qui peut causer des inflammations chroniques. Lorsque la masse adipeuse augmente, le besoin en insuline s’accroît, car les cellules corporelles assimilent moins bien cette hormone. On parle donc d’un manque relatif, car l’insuline est bien disponible, mais elle ne peut pas agir efficacement dans les cellules.

Lors d’une pancréatite aiguë ou d’une période d’inflammation en cas de pancréatite chronique, il convient de mettre l’organe au repos et d’empêcher la sécrétion d’enzymes. Ce n’est possible qu’en s’abstenant de toute nourriture et de toute boissons, éventuellement grâce à une sonde gastrique ou à une alimentation intraveineuse. Il s’ensuit une hydratation importante (entre deux et dix litres par jour selon la gravité de la maladie) puis le patient recommence lentement à s’alimenter peu à peu.

Sur la page Internet de la Société de thérapie nutritionnelle et de prévention (Fachgesellschaft für Ernährungstherapie und Prävention), figurent les informations suivantes : « Bien que les probiotiques jouissent d’une popularité grandissante pour la prévention et le traitement de diverses maladies gastro-entérologiques, ils semblent agir de manière négative dans les cas de pancréatite aiguë. Selon une étude réalisée sur 298 patients, le taux de mortalité a augmenté chez les patients qui recevaient des médicaments combinant les lactobacilles et les bifidobactéries. C’est pourquoi il est déconseillé de donner des préparations probiotiques aux patients atteints de pancréatite aiguë.

Lorsque la pancréatite aiguë est complètement guérie, aucune mesure alimentaire particulière n’est nécessaire, en dehors de l’abstinence de l’alcool.

Après la disparition d’un épisode inflammatoire en cas de pancréatite chronique, il faut éviter l’alcool et les plats gras difficiles à digérer et provoquant des ballonnements. De plus, suivre le bon sens traditionnel est important : manger lentement, bien mâcher, se nourrir plusieurs fois par jour en petites quantités.

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