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Épine calcanéenne

Qu’est-ce qui aide ?

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La petite excroissance osseuse et pointue située sous le talon est un symptôme d’une trop grande tension sur le pied. Les causes de cette douleur fulgurante ne sont cependant pas dues à l’épine calcanéenne en elle-même, mais à une inflammation.

La douleur survient au lever, du jour au lendemain. C’est comme si l’on marchait sur un caillou pointu, ou sur une punaise. Au début de la maladie, on ressent seulement cette douleur au lever. Puis, notamment en cas de tension durable, la douleur peut devenir permanente. Certains patients parlent également de phases de douleurs d’intensité variable.

Autheur: Ingrid Zehnder, 05.15

Qui est principalement concerné ?

Les statistiques révèlent qu’une personne sur dix souffrira un jour ou l’autre de l’épine calcanéenne. Il s’agit d’un symptôme de trop grande tension ou d’usure articulaire ; l’âge moyen des patients se situe entre 40 et 60 ans.

À chaque pas, le pied absorbe d’énormes forces. Avec les dix mille pas par jour que l’on effectue en moyenne, cela se traduit par une charge de plusieurs centaines de tonnes pour chaque pied. Lorsque l’on court, la force de contact de chaque pas peut représenter deux à trois fois le poids du corps. Plus on est grand et lourd, plus la charge est importante.

Pour les trop grandes tensions qui provoquent l’épine calcanéenne, différents facteurs peuvent être évoqués : une musculature des mollets trop courte, laquelle entraîne une tension sur la plante du pied et une stimulation chronique, un sport trop intense, le surpoids, une déformation du pied (pied creux ou plat), des chaussures inadaptées, des travaux physiques difficiles, une position de travail debout ou assise trop longue. Les facteurs déclenchant les douleurs du talon peuvent être une randonnée d’une difficulté inhabituelle, une nuit passée à danser ou une nouvelle activité sportive.

Qu’est-ce que l’épine calcanéenne ?

L’épine calcanéenne ne se voit pas et ne se détecte pas de l’extérieur. Sur les radios, une excroissance osseuse en forme d’épine apparaît, en dessous du talon (calcanéum). Le point faible se situe là où l’aponévrose (fascia plantaire) rejoint l’os du talon. En cas de fortes tensions sur le pied, l’épine apparaît du fait de la moindre fissure ou blessure infime, que le corps cherche à réparer par fixation osseuse (dépôt calcaire).

Si des tensions trop fortes ou inadaptées persistent, le tissu entourant l’excroissance peut subir une inflammation et devenir douloureux.

Les causes de la douleur

Certaines épines calcanéennes sont indolores. Selon les estimations, entre 15 et 20 % de la population présentent une épine calcanéenne, mais la moitié seulement en souffre. Les douleurs ne sont pas provoquées par l’épine en elle-même, mais par l’inflammation du fascia plantaire qui lui est liée, encore appelée aponévrose ou fasciite plantaire (plantaire = ce qui concerne la plante des pieds ; aponévrose = tendon plat et large).

Dans le pied, il s’agit d’une sorte de tendon aplati puissant, fait de fibres de collagènes, qui relie le talon aux doigts de pied. Sa fonction essentielle est d’assurer le maintien de la voûte plantaire et la stabilité du pied. Le diagnostic indique : inflammation du tendon plantaire ou fasciite plantaire (pouvant survenir également sans épine calcanéenne).

Le service orthopédique de l’Hôpital universitaire de Berne explique : « Il s’agit d’une maladie bénigne, qui finit toujours par partir, mais dans certains cas rares, les douleurs peuvent durer deux à trois ans. »

Que faire en cas d’épine calcanéenne ?

Les douleurs au talon ne doivent en aucun cas être négligées ou ignorées. Dans la plupart des cas, un traitement traditionnel suffit. Plus on commence tôt, mieux c’est. Toutefois, patience et persévérance sont indispensables pendant une longue période.

Premières mesures de base

Refroidir

Appliquez aussi souvent que possible sur la zone douloureuse un coussin de gel froid ou quelques glaçons dans un gant, pendant cinq à dix minutes. Le froid apaise la douleur, a un effet anti-inflammatoire et fait désenfler. Vous pouvez également placer au congélateur une bouteille en plastique remplie d’eau, puis poser la bouteille sur le sol et faire rouler le pied dessus pendant sept à dix minutes. À renouveler trois fois par jours ou selon les besoins.

Badigeonner d’arnica

En cas de douleur et d’inflammation, une préparation à base de plantes fraîches d’arnica montana peut être utilisée en application externe.

Limiter les tensions

En cas de douleur aiguë, renoncez au jogging, à la randonnée et à tout sport ou toute activité exerçant une trop grande pression sur les pieds. Prenez soin de vos pieds autant que possible.

Coussinets pour talons / semelle

Le traitement de base de l’épine calcanéenne et de la fasciite plantaire reste le coussinet pour talons et les semelles. Inutile de prévoir des semelles sur mesure, les modèles prédécoupés, dont il existe un vaste choix, conviennent en général parfaitement. Les coussinets de gel ou de silicone, avec leur échancrure autour de l’épine calcanéenne et leur matière amortissante, soulagent le tendon et permettent de réduire lentement l’inflammation. En cas de déformation du pied, des semelles orthopédiques devront en outre être utilisées.

Des chaussures adaptées

Évitez les chaussures de sport extra plates, les ballerines fines, les tongs ou les sandales de piscine, car elles provoquent une trop grande pression sur le talon. L’idéal est de porter des chaussures enveloppantes, avec un talon large et souple de 2 à 4 centimètres de hauteur. Vous préférez peut-être des chaussures spéciales à semelle déroulante (MBT), à coussins d’air (kyBoot), à semelle souple (Joya) ou d’autres chaussures dédiées à la santé, tout dépend de vos besoins et de vos goûts. Mais cela n’est nullement indispensable. Parfois, le simple fait de changer souvent de chaussure suffit (emporter vos semelles).

Compresse de chou

Un remède de grand-mère peut apporter un grand soulagement. Voici comment procéder : Otez les nervures centrales de quelques grandes feuilles de chou, et compressez les feuilles à l’aide d’une bouteille en verre ou d’un rouleau à pâtisserie, jusqu’à en faire sortir du jus. Enveloppez ensuite entièrement le pied des feuilles de chou, fixez avec une bande en coton. Laissez agir toute la nuit.

Enveloppement de fromage blanc

Étalez du fromage blanc (quark), ajoutez un film alimentaire, enveloppez d’une serviette. Le fromage blanc refroidit, stimule l’irrigation sanguine et apaise l’inflammation.

Exercices de physiothérapie

Masser la plante du pied

En position assise, faites rouler le pied nu sur une balle de golf, de tennis ou une balle en caoutchouc, peu importe. Réalisez l’exercice lentement, en exerçant une pression douce. Cela augmente l’irrigation sanguine et améliore le métabolisme, tout en renforçant les muscles du pied à long terme.

Étirements

Les étirements sont très importants et très efficaces. Les exercices suivants doivent être réalisés trois à six fois par jour, pendant une longue période (plusieurs mois). Il faut s’en tenir au principe : étirer oui, se faire mal non. Menés avec persévérance, ils soulagent nettement voire guérissent plus de 90 % des personnes concernées.

Escalier/marches

Pour cet exercice, cramponnez-vous, pour ne pas perdre l’équilibre. Tenez-vous sur la pointe des pieds sur une marche d’escalier et laissez les talons descendre lentement. Maintenez cette position pendant 20 secondes, puis relâchez pendant 10 secondes. À recommencer dix fois.

Serviette

Adossez-vous le corps droit le long d’un mur. Assis au sol, allongez vos jambes, placez une serviette sur les doigts de pieds/le bout du pied douloureux, et tirez la serviette vers vous, les jambes tendues. Maintenez le pied en tension 15 à 30 secondes, puis relâchez. À recommencer dix fois. Variante de cet exercice sans serviette, mais avec un genou replié : voir l’image ci-dessus. Tirez fortement les doigts de pieds avec la main, vers le tibia.

Étirer les fascias plantaires

Ici, la cheville du pied concerné est croisée sur l’autre genou. Attrapez les doigts de pied du côté douloureux, et pliez puis tirez fortement vers le haut, jusqu’à sentir la tension sous la voûte plantaire. Maintenez dix secondes, puis relâchez, répétez cet exercice dix fois de suite. Si vous ressentez des douleurs dès que vous vous levez le matin, vous pouvez pratiquer cet étirement sur votre lit. L’étirement de la plante du pied a donné des preuves de grande efficacité.

Étirer passivement les fascias plantaires

Il est également possible d’étirer passivement le pied pendant la nuit. Il faut pour cela porter une attelle ou une chaussette de maintien. Les deux systèmes maintiennent le pied en position étirée, ce qui devrait réduire les douleurs du réveil. Comme il existe des contre-indications (par ex. les varices), il convient de demander l’avis d’un spécialiste. En outre, de nombreux patients acceptent mal cette thérapie, surtout à long terme.

Étirer les muscles du mollet

Placez-vous les bras tendus devant un mur, les pieds parallèles vers l’avant. Reculez d’un pas d’une seule jambe. Le pied reste étiré. Basculez le poids du corps vers l’avant, jusqu’à ressentir un étirement dans le mollet et le talon d’Achille de la jambe arrière. Veillez à bien maintenir le talon au sol et à ne pas déporter vers l’extérieur le pied arrière.

Ne vous limitez pas à une seule mesure. Seule la combinaison de plusieurs types de soin assure l’efficacité.

Mesures physiologiques et médicales

Les orthopédistes vous recommanderont eux aussi d’essayer tout d’abord les mesures et les exercices cités. Il existe cependant d’autres types de traitement.

Médicaments

L’orthopédiste pourra si besoin vous prescrire des médicaments anti-inflammatoires et des antalgiques.

Piqûre de cortisone

Les piqûres de cortisone seront utilisées avec beaucoup de prudence, car ce médicament fragilise les tendons et peut détériorer le coussinet adipeux situé sous le talon, qui est très important.

Injection de botox

La toxine botulique A, le poison bien connu dans le comblement des rides, est injectée en une seule fois dans le muscle du mollet, ou directement dans la jointure du tendon plantaire (sous contrôle échographique). Les fascias plantaires subissant l’inflammation se détendent durablement, l’apaisement rapide de la douleur perdure longtemps.

Thérapie magnétique pulsée (ActiPatch)

Il s’agit d’une fine couche qui produit des ondes magnétiques pulsées commandées par une micro-puce, et qui agit bioélectroniquement sur le tissu altéré ou blessé. La capacité de régénération des cellules est censée se reformer et se renforcer, la douleur et le gonflement disparaissent. (En Allemagne, les assurés ne paient pas, tandis qu’il faut demander une prise en charge des frais en Suisse).

Thérapie TENS

La neurostimulation transcutanée (TENS) est une thérapie utilisant le courant électrique, c’est une méthode de médecine naturelle à pratiquer soi-même. Deux électrodes sont collées sur les parties douloureuses du corps. Conséquence : les nerfs stimulés vont bloquer le passage de l’information douloureuse vers le cerveau. Les caisses d’assurance maladie prennent en charge la location ou l’achat de l’appareil.

Thérapie par ondes de choc

Les ondes riches en énergie ciblent l’inflammation du tendon et ont un effet apaisant, même si le processus est encore mal connu. Cette thérapie étant douloureuse, une anesthésie locale est indispensable. Plusieurs séances sont généralement nécessaires. Bien que le taux de succès soit de l’ordre de 50 à 80 %, les caisses d’assurance maladie ne prennent pas en charge cette méthode.

Thérapie par radiofréquence (aussi appelée radiostimulation ou orthovoltage)

Ces traitements sans douleur mais faisant intervenir des rayons s’étendent sur plusieurs semaines. Les inflammations diminuent et la douleur disparait après un certain temps. Cette thérapie est prise en charge par l’assurance maladie.

Opération

Solution de dernier recours, elle est utilisée exceptionnellement, et ne garantit pas la guérison. Les soins post-opératoires et la rééducation durent des mois.

Syndrome de Haglund

Überbein

Le syndrome de Haglund


Jusqu’ici, il était question uniquement de l’épine « inférieure ». Il existe également une épine supérieure, bien plus rare, que les médecins nomment syndrome ou exostose de Haglund et qui constitue une maladie à part entière.

Le syndrome de Haglund décrit une excroissance osseuse douloureuse (un ganglion) sur le talon, sur la jointure du tendon d’Achille. Il provoque une douleur par la pression du bord de la chaussure et est souvent liée à une bursite (inflammation des bourses séreuses,) extrêmement douloureuse.

La plupart des éléments de thérapie classique décrits plus haut sont recommandés (anti-inflammatoire et antalgique, application de froid, semelles, coussinet spécial, étirement du talon d’Achille et du mollet, thérapie par ondes de choc). Même en utilisant ces mesures de la médecine conventionnelle, la guérison peut prendre des mois. Seule l’opération très exigeante (éventuellement peu invasive) s’avère efficace, les soins post-opératoires durent quelques semaines.

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